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Document fondateur

Réseau des agroécologistes
Pour une agroécologie au service de la vie

Notre éthique.

Globalement notre état d’esprit est de prendre soin de la planète, de respecter son intégrité physique et biologique et de tirer parti de ses ressources avec modération.

La sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond.
Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie.

Nous agissons sous l’inspiration d’un humanisme actif, nous préférons l’humanisme à l’humanitaire.

Nous nous engageons en conscience à promouvoir la dignité de tous et les droits de l’Homme.

Nous nous engageons à contribuer au respect de toute forme de vie ; ce respect prime dans toute décision et dans toute action.

Nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité, comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous. Nous sommes des artisans de paix.

De toutes les activités humaines, dans une approche pérenne l’agriculture est fondamentale. L’agroécologie permet à chacun de regagner autonomie, sécurité et salubrité alimentaires. Elle régénère et préserve le patrimoine nourricier, afin de transmettre aux générations futures une terre féconde.

La subordination du féminin à un monde masculin trop souvent outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Nous rendons hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écoutons le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

Nous sommes ouverts à la diversité des cultures,et reconnaissants. Elle éveille l’envie d’apprendre de l’autre. J’accepte que l’autre soit différent de moi et que sa différence soit une source d’enrichissement pour moi.

Le réseau des agroécologistes considère la « charte internationale pour la terre et l’humanisme » (en annexe) comme document fondateur de sa démarche. http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/la-charte-pour-la-terre-et-lhumanisme

Nos motivations.


1. Constats et problématique alimentaire mondiale

La faim est d’autant plus un problème qu’il existe des solutions. Près d’un milliard de personnes souffre de la faim dont 70% de paysans et pourtant des solutions existent pour limiter voire éradiquer ce grave problème. Les résultats désastreux de l’agrochimie : érosion, pollutions des sols et des eaux, appauvrissement et disparition des terres arables, effondrement de la biodiversité, accès inéquitable aux ressources naturelles parmi lesquelles la terre, l’eau et les semences, baisse de qualité de l’alimentation et de la santé publique, diminution des populations paysannes, développement et concentration d’entreprises inconsidérément tournées vers la croissance… Cette liste non exhaustive nous montre les résultats d’une évolution humaine où tout a été sacrifié à l’économie capitaliste et financière et au pouvoir de l’argent.


2. Notre définition de l’agroécologie

L’agroécologie propose une alternative globale, sans oublier l’aspect social, énergétique, foncier …Elle permet de nourrir le maximum d’êtres humains et la terre nourricière dans un seul et même mouvement.

L’agroécologie s’inspire des lois universelles qui président à la pérennité de la vie. Ces lois irrévocables sont observables à tout moment par toute personne attentive. Elles s’inscrivent d’une façon générale dans le principe du « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Notre implication dans ce système nécessite de le comprendre profondément pour éviter les erreurs dont nous sommes - et serons de la façon la plus rigoureuse - les victimes.

Avec l’agroécologie, Pierre Rabhi a démontré dès 1961 dans la garrigue ardéchoise, puis en d’autres lieux et notamment dans les régions sahéliennes, que des sols agronomiquement médiocres, voire considérés comme stériles, peuvent être régénérés pour produire une nourriture digne de ce nom. L’expérience révèle que l’agroécologie est une alternative efficace à l’agro-industrie,l’agroécologie est la plus adaptée à la condition des paysans les plus démunis.

Elle permet d’améliorer et de préserver le patrimoine nourricier, terre, eau, semences, savoirs et savoir-faire, et de limiter l’avancée du désert dans les nombreux pays qui en sont déjà affectés ou menacés.
L’accès à une alimentation suffisante (autosuffisance alimentaire au niveau local, souveraineté alimentaire au niveau des états) passe essentiellement par la réhabilitation et la multiplication des structures à taille humaine réparties sur l’ensemble des territoires afin que les communautés humaines puissent assurer par elles-mêmes leur autonomie alimentaire en mobilisant leurs ressources, leurs savoirs et savoir-faire.


3. Le sens de notre démarche

Parce que notre planète est unique, généreuse et belle,
Parce que l’humanité a tout intérêt à s’y organiser de façon plus coopérative que concurrentielle,
Parce que nous sommes au service de tous et particulièrement du plus démuni,
Parce que l’éducation et la formation sont au cœur des mutations sociales,
Parce que la problématique alimentaire actuelle est une urgence absolue,
Parce que l’agriculture est l’activité la plus essentielle,
Parce que des solutions existent pour produire différemment, dans le respect des êtres vivants et des générations futures,
Parce qu’une économie [1] locale, créatrice, cohérente et humaniste est possible,
Parce que des structures de petites surfaces consacrées aux échanges locaux stimulant le territoire favorisent l’harmonie entre les Hommes et la Terre,
Parce que chaque être humain doit pouvoir créer sa propre autosuffisance alimentaire,
Parce que l’Homme peut vivre de ses activités agricoles tout en préservant son environnement, voire en l’enrichissant.

Notre démarche.

… Nous, praticiens de l’agroécologie, avons conscience de notre héritage et de notre responsabilité vis-à-vis des générations présentes et à venir.
Nous constituons dans le sillage de Pierre Rabhi un réseau d’agroécologistes actifs, militants et expérimentés, décidés à relier les énergies et les consciences porteuses de nos valeurs.
Nous agissons au niveau local, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.

Désireux de mettre nos actions en cohérence avec nos objectifs :
• nous œuvrons pour transmettre l’éthique, les pratiques et savoir-faire agroécologiques, dans un esprit de responsabilité, d’échange et de partage d’expériences,
• nous avons le souci de créer des synergies entre les acteurs, d’encourager la mutualisation des compétences et des expériences, et de valoriser des savoir-faire et compétences agroécologiques,
• nous favorisons par l’animation, la formation, la documentation, etc. les pratiques agroécologiques
• nous travaillons avec les acteurs locaux, associations, organismes professionnels, collectivités locales etc.,
• nous accompagnons chaque « partenaire–acteur » dans sa prise de responsabilité vis à vis de son environnement humain et de son territoire,
• nous animons une démarche qui construit des solutions à partir des ressources locales : chaque milieu porte les solutions à ses problèmes spécifiques.

En tant qu’agroécologistes, nous :

• accompagnons les groupes engagés dans la recherche et la mise en place de solutions agroécologiques dans leurs territoires, où qu’ils se trouvent,
• avons conscience que notre action s’inscrit dans un contexte qui a ses ressources, son organisation, son environnement, ses références culturelles, ses potentialités et ses priorités, et nous nous engageons à essayer d’en comprendre et d’en respecter les rouages.
• affirmons l’importance et la pertinence d’une période de concertation permettant une connaissance réciproque, l’analyse des contextes, l’expression des attentes respectives, la mise en mots des motivations individuelles et collectives des différents acteurs.

Toute action s’inscrit dans la durée, intègre le renforcement des compétences et des capacités d’organisation des acteurs locaux, et développe leur autonomie.


" Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les Hommes vivent, il faut que la terre soit honorée "

Pierre Rabhi.

Notes

[1dans son acception étymologique : gestion de la maison, au sens large