Seconde mission

INTRODUCTION – Lien avec la mission précédente

Humura est une association rwandaise créée en 2002, et dont l’objectif principal est de venir en aide à la population de la province de l’Est. À sa demande deux agroécologistes du réseau se sont rendus sur place en avril-mai 2018 (voir l’article de la première mission).

L’objectif principal de cette mission était de faire un diagnostic du fonctionnement de la ferme agroécologique, afin de se rapprocher des objectifs que les responsables s’étaient fixés.

Un certain nombre de préconisations ont été validées par les responsables de la ferme :
• travail en commun sur un nouveau plan maraîcher  et de cultures ;
• développement plus conséquent de l’agroforesterie ;
• mise en place de cultures sur couvert permanent ;
• réorganisation de l’élevage ;
• urgence d’une politique salariale.

L’année suivante, le Réseau a pu participer financièrement à consolider les salaires.

 

MISSION

Nouvelle demande au Réseau des AgroEcologistes Sans Frontière 

La volonté des responsables de la ferme du Lac, au-delà d’arriver à une production plus importante  afin de sécuriser le développement de la ferme, consiste, deux ans plus tard, à faire émerger le Centre de Formation tant attendu.

Ce Centre de Formation doit s’adresser aussi bien aux adultes qu’aux plus jeunes, futurs paysans.

La ferme du Lac sera la clé de voûte des formations proposées à travers l’espace de production et servira aussi de terrain d’expérimentation aux futurs stagiaires.

Une demande d’appui et d’accompagnement est faite au Réseau dans ce sens-là.

 

Mise en place de cette deuxième demande d’appui

Pour mener à bien ce projet, le Réseau se tourne vers Léa Nature, comme source de financement.

Le premier semestre de l’année 2020 permet, par des échanges de mails, de finaliser la demande et de préparer la mission. Un des deux agroécologistes, ayant participé à la 1ère mission, est mandaté pour effectuer ce travail. Les dates retenues sont dans la première quinzaine de décembre.

La situation sanitaire liée au Covid complique l’organisation. Mais avec des tests à l’entrée et à la sortie du pays, la mission peut se réaliser.

 

Nouveautés dans le fonctionnement de la ferme

En 2019, Humura a bénéficié d’une aide importante pour mettre en place un système d’irrigation sur l’ensemble du parcellaire (2h1/2).

C’est une innovation de taille, car elle entraîne une réorganisation du parcellaire, avec les cultures qui demandent le plus de main-d’œuvre et qui sont ramenés près des bâtiments. Un gain de temps et de fatigue important.

L’autre nouveauté concerne l’arrivée d’une cheffe de cultures expérimentée en maraîchage. Cette personne planifie, organise, dirige et donne l’exemple. Un vent d’efficacité souffle sur la ferme. La production en légumes, notamment, devient importante et régulière. Les techniques agroécologiques sont bien en place. Des efforts restent à faire, notamment sur la production de compost, et une priorité plus importante doit être donnée à l’élevage.

 

Écoulement de la production et équilibre financier

L’idée était déjà en germe en 2018 : valoriser les produits bio sur la capitale, Kigali, en organisant un groupement de consommateurs ou en créant une AMAP. Les produits se vendront plus cher (plus du double) à Kigali ; ceci permettra de consolider les salaires. 

Toutes les solutions sont étudiées : l’achat  d’une voiture (d’occasion ?) serait gage d’efficacité, elle  permettrait une livraison, 1 fois / semaine, dans la capitale. Reste à trouver le financement.

 

Démarrage du Centre de Formation

Il a toujours été dans les objectifs d’Humura que la ferme soit le point de départ du Centre de Formation, et non une fin en soi. Le Centre de Formation doit permettre de vulgariser les techniques mises en place sur la ferme. Et à travers ces techniques, encourager les paysans et futurs paysans à adopter ces façons de faire, économes, autonomes, saines et écologiques .

Les lieux sont trouvés : une partie des bâtiments de la ferme ont été transformés en salle de réunion, d’échanges et de restauration. La ferme deviendra le lieu des travaux pratiques. La pédagogie réfléchie, et qui se pratique dans le pays, consiste à faire venir des paysans et futurs paysans, en leur payant leur temps de présence sur place. Une sélection sur motivation sera faite par les responsables de la ferme. Ils seront payés pour travailler sur la ferme (travaux pratiques), mais aussi pour du travail en salle (réunions et échanges). Des paysans de la région, pratiquant des techniques proches de l’agroécologie dans certains domaines, seront payés pour venir partager leur expérience.

Le responsable principal de la ferme a suivi, en 2018, une formation au centre agroécologique Songhai, au Bénin. Il possède les compétences  indispensables pour monter les formations et les cursus de formation. Mais il ne pourra pas assumer la coordination des formations théoriques et pratiques. Il se destine à mettre en place l’AMAP de Kigali qui permettra d’écouler la production et de sécuriser les salaire.

Un référent formateur à embaucher est donc indispensable pour coordonner l’ensemble.

 

Et maintenant…

Ces deux évolutions importantes à venir, l’écoulement des produits de la ferme sur Kigali et le démarrage du Centre de Formation agroécologique de la ferme du Lac, reposent sur la recherche et l’obtention de financements.

Il nous faut, tous ensemble, responsables de la ferme et agroécologistes, travailler dans cette direction. Des contacts de partenariats ont été pris, aussi bien à Kigali qu’en France. Un travail de montage et de suivi des dossiers s’impose pour arriver à un résultat.